dimanche 30 janvier 2011

Vidéo sur mon livre

Poème : Si belle nature


J'observe la pluie
Et la regarde Glisser
Sur les toits grisés

Les gouttelettes
Absorbent la lumière
Si éphémère

Courageusement
Un rayon de soleil
Perce le ciel

Et à cet instant
La nature dessine
Et s'illumine

Un bel arc en ciel
Brille à présent ardemment
C'est époustouflant !

Les fleurs des champs
Fredonnent joyeusement
Un air entrainant

Nature je t'aime
Tes couleurs sont uniques
et fantastiques.

Dyane

mardi 25 janvier 2011

Petite nouvelle : "Miroir..."



Je suis âgée de vingt ans et mes études en médecine débutent à peine. Il faut un commencement à tout me ressasse mon frère ainé. Toute ma famille excelle dans l’économie et les sciences et je ne dois pas y déroger. J’engloutis quotidiennement des termes barbares tels que « encoprophagie, pathologie, xénophobie » n’ont plus de secret pour moi. Ma mère m’encourage à suivre sa carrière et pour ne pas la décevoir j’obtempère. Mon père dont l’entreprise est en pleine restructuration suit de loin mes études.  

Dans ma tête se joue pourtant une symphonie où le chef d’orchestre à la fière du  bruit. Un rêve se dessine lentement…

Les cahiers et les livres s’entassent et s’empilent comme une matriochkas, ensemble ils forment un immense grimoire. J’effleure à peine le précieux ouvrage, il s’entrouvre et m’aspire. Un noir intense m’accueille. Je ne suis pas nyctalope et c’est à tâtons que j’avance dans cette pénombre inquiétante. J’avance lentement, une source lumineuse m’attire malgré moi. Je me précipite et arrive enfin face à une immense porte. Des armoiries sont ciselées, un immense rapace défends des écuries les ailes déployées tandis que deux étalons se cabrent.

La porte s’ouvre à présent sur deux immenses miroirs. Sur l’un d’eux, une jeune fille de dos porte un catogan qui rassemble ses cheveux en chignon. Une robe cintrée de couleur noire met en valeur sa silhouette juvénile. Elle se retourne et je constate choquée qu’elle me ressemble énormément. Des cernes assombrissent son visage trop pâle et trop sévère. Elle revêt un manteau aux couleurs hivernales. Elle esquisse un sourire où deux crocs impressionnant jaillissent à présent.

Le miroir d’en face reflète mon image. Elle danse gracieusement, ses vêtements sont colorés. Son esprit est ailleurs et un sourire rêveur lui donne un air touchant. Comme une enfant, elle porte à sa bouche un berlingot.

L’autre la dévore du regard. Dans ses yeux une jalousie intense transparait dans ses traits. Elle s’approche innocemment de sa victime. Ses pas sont de velours. Quand elle se penche pour lui murmurer des mots à l’oreille, son attitude change. Elle se jette violemment sur son cou et dans une frénésie, elle la vide de son sang. Elle ôte ainsi la vie à cette douce amie qui s’écroule sans un bruit.

Saperlipopette ! Dire que cette scène ne m’a pas marqué est un euphémisme. Je recule effrayée, mais ne cesse de contempler la scène. Quelques gouttes de sang s’écoulent lentement des lèvres carminées. Elle essuie négligemment d’un revers de main et le tissu soyeux absorbe comme un buvard le précieux liquide.

Je m’éveille alors en nage. Mes livres sont là, ce n’était qu’un cauchemar. Je souffle rassurée, pourtant une angoisse m’étreint. Une odeur de clou de girofle flotte dans l’air et sur ma page restée vierge s’impriment ces quelques mots :

Dans la vie il faut oser ou bien se perdre
Je ne suis pas superstitieuse, mais je ne prends pas à la légère mon rêve et ces quelques mots dont la couleur sang me fait frissonner.

C’est ce jour là que je me suis penché sur mon avenir. Je ne suis pas devenue médecin, mais comédienne. J’ai fait rêver, j’ai fait pleurer, beaucoup rire aussi. Me voici à la fin de ma vie, j’ai osé et j’ai gagné !


Dyane

samedi 15 janvier 2011

Petite Nouvelle "Hommage aux artistes"

Il existe des artistes qui nous laissent pantois. Devant cette toile, je me suis arrêtée. Dans cette scène hors du temps, je me suis posée. Je prends de la distance pour visualiser les mille détails qui m'ont interpellé, frôlant au passage les autres visiteurs. 

Tout au fond un sépulcre finement ciselé posé sur un catafalque de belle qualité. Un père fort bien habillé se tient agenouillé. Les yeux fermés, il se recueille effondré. Derrière lui, une silhouette gracile se tient debout légèrement recourbée sous le poids d'un chagrin qu'elle ne peut contenir. Un félin repose négligemment sur le marbre de ce mausolée et semble garder cette personnalité. 

La foule de la salle s'est soudain effacée et plus rien n'a compté, ni la résonance des pas empressés, ni les commentaires sur les toiles exposées « les scrogneugneu de certaines personnes qui ne savent pas toujours ce dont il est question » 

Sur différents plans, l'on voit un homme au regard malachite évoluer dans le temps et vieillir lentement. Nul mégalomane, juste un jeune homme sans poudre, ni artifice qui affronte la vie avec bonhommie. Son visage mûrit et il pose finalement devant un ange blanc qui tient un club de golf. Il sourit malicieusement, près à envoyer cet homme charmant dans un swing magistral vers le firmament. Un mandarin aux couleurs chatoyantes babenine en chantant, fier de son beau plastron porcelaine. Son hommage élogieux, perce les nuages et le soleil s'infiltre et réchauffe l'atmosphère pesante. 

Je regarde à présent la signature qui n'est pas banale. Un pinceau trempe dans un pot, un autre s'apprête à mettre un mot. 

Je détache lentement mon regard de cette œuvre et met un certain temps avant de replonger dans le monde réel.
Il existe des artistes qui nous laissent pantois et d'autre qui nous laissent sans voix.

Dyane

jeudi 13 janvier 2011

Petite nouvelle "Secret d'enfance"



Magnifique toile de Dominique DELOUCHE
(cliquez sur l'image pour vous rendre sur son site)

Et le texte sur lequel j'ai travaillé :

Tant de fois j'ai arpenté cette plage, le regard perdu vers l'océan secret. Les années ont passé et je n'ai pas oublié. Au début, j'ai hurlé ma peine et mon ressentiment. En secret, j'ai même juré de ne plus revenir.

Aussi étranges qu'incongrus, mes pas m'ont guidé, là où la mort a frappée. Je fixe à présent les rochers qui affleurent et mes pensées retournent vers ce jour, où mon enfance s'est terminée. Je revois le bateau, luttant contre les vagues, j'entends les gémissements du bois priant les éléments de cesser leurs assauts. L'orage, plus violent de minute en minute et les éclairs dont la lueur illuminait cette nuit de peur. La pluie sanglante fouettait nos visages. Le vent assourdissant emportait nos paroles.

Un brusque coup de vent et notre embarcation s'est soulevée. Mon père m'a protégé ignorant le danger. Dans le coffre situé à l'arrière, il a extirpé l'unique bouée et me l'a enfilé. Une bourrasque plus violente que les autres nous a séparés. Je revois sa main se tendre pour m'attraper et glisser lentement dans cette eau sombre et tourmentée.

Ce jour maudit j'avais supplié mon père de l'accompagner, cette unique bouée lui était réservée... Balloté entre les vagues, c'est épuisé que l'on m'a retrouvé seul et désemparé.

Tant de fois j'ai arpenté cette plage, le regard perdu vers l'océan secret, j'ai espéré le revoir et lui tendre la main...

Dyane