samedi 6 août 2011

Avertissement

 

Je suis en retard, vite mes clefs. Je sors précipitamment de mon appartement, le referme et descend quatre à quatre les escaliers. Une fois sur le parking, je m’engouffre dans ma voiture. La chaleur de ce début de matinée est étouffante. Je démarre, prends la direction de mon travail.

Mon patron exerce une pression énorme sur moi et mes collaborateurs. Ce contrat si nous le remportons assurera un bel avenir à notre société. La signature doit s’effectuer ce matin, je dois présenter le projet. Je ne dors pratiquement plus, mais ce matin épuisée, je ne me suis pas réveillée !

Un automobiliste plus intelligent que les autres, fait une queue de poisson, me bloque le passage. Quel impudent ! Je regarde nerveusement ma montre. Il bloque le passage, il m’énerve. Je Klaxonne, vocifère. Ma poitrine se compresse et cette chaleur qui n’en finit pas. J’essuie rageusement les gouttelettes qui s’amoncellent sur mon front. J’exhale une bouffée pour recouvrer mon calme. Un idiot percute à ce moment mon pare-choc arrière. Je me retourne en rage, mais une douleur horrible me foudroie.

J’écarquille les yeux. Elle me déchire le bras, le torse. Je peine à respirer. Des frissons parcourent tout mon être. Un voile blanc obscurci ma vision. Je vacille, perd pied, puis, je m’effondre inconsciente.

Je me lève étourdie, j’aperçois atterrée mon corps prostré. Au lointain, j’entends les hurlements des sirènes. Des personnes s’affairent autour de moi…
Ce n’est pas possible… Suis-je morte ?

Une lumière douce, divine m’entoure à présent. Mon âme semble fusionner, elle rayonne, renaît. Je vibre de plaisir, m’envole, tournoie sur moi-même. Je traverse rapidement des milliers de monde et me retrouve sur une île magnifique. Le soleil illumine la mer, elle s’échoue doucement sur une plage au sable chaud et doux. Les embruns se forment avec le ressac. J’apprécie la fraîcheur de ce lieu enchanteur. Un concerto d’oiseau loue cette nature sauvage et pure. Je flotte tel un électron libre, débarrassé de cette enveloppe corporelle.

Une femme s’approche de moi et me murmure :
— ton heure n’est pas venue… Un jour je viendrais te chercher, mais auparavant réapprend les vrais valeurs. Tourne-toi vers l’essentiel, offre le meilleur, alors nous nous retrouverons.
Elle me touche le front, disparaît dans un flash. Le paysage disparaît, je suis happée vers un tourbillon de couleur.

Je me réveille en sueur dans mon lit. Mon radio réveil indique huit heures. Tout s’affole dans ma tête, je suis en retard. Je me précipite dans la salle de bain, là dans le miroir à l’endroit exact où l’ange m’a touchée, je découvre un grain de beauté en forme de cœur. Je m’assoie sur le rebord de la baignoire… Ce n’était pas un rêve.

J’ai pris le téléphone, me suis excusé auprès de mon patron et me suis précipité vers les urgences. Ils ont décelé un problème cardiaque. Le professeur s’est exclamé :
— Sans votre visite, une petite contrariété et vous y passiez !

Je suis sortie en souriant. J’ai achevé ma mission auprès de mon employeur, vendue mon appartement de luxe. Je visite à présent le monde et donne sans compter. Un jour, mon ange me reverra et j’espère qu’elle sera fière de moi !

Dyane 8 juillet 2011

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