vendredi 10 décembre 2010

Petite Nouvelle "Destinée..."

"L'esprit de la lettre"

 LE JEU DES MOTS ..tion ...


Ce jeu de mots imposés je l'ai réalisé mais j'ai beaucoup souffert car certains mots je ne les connaissais pas je vous en donne la liste :

Régénérer - neige - astragale - sommeil - vertige - New York - clown - enfant - vulnérabilité - féminité - règlement - compte - étranger - vaticiner - carton - ahan - baiser - illusion - rouge - dinde - placard - spirituelle -eau -fusée - bâtard - honte - bénévole - perdition - portrait - âme - boudoir - sida - ceinture - parabole - journal - luth - anaphylaxie - maladroit - boulangère - arctique - trouble - pustule - hommes - calice - feu - paresse – fulgurance

Et voici mon texte :

Nous sommes la veille de Noël, une boulangère s’active aux fourneaux et sort des bâtards tout croustillants et craquelant. Son père qui dort à l’étage, a fait une crise d’anaphylaxie. Cette allergie très sévère due à la farine, entraine des troubles tels que des vertiges et des pustules rouges. Son médecin l’a sauvé in extrémis et lui a donné un remède à base d’astragale afin de régénérer ses défenses immunitaires. Un artisan n’a pas le droit de s’arrêter et cette jeune femme courageuse, s’est retroussée les manches quitte à suer d’ahan. Son visage est marqué par le peu de sommeil, mais cela ne lui enlève en rien sa féminité qui transparait dans la douceur de son regard. Elle essuie son front, du revers de sa manche et tends les pains dorés à sa mère. Quand elle a su ce qui arrivait, elle s’est immédiatement proposée comme bénévole pour seconder ses parents à la boulangerie. Dehors la neige tombe en abondance et recouvre les trottoirs. Deux hommes passent en riant et entrent dans la boutique. Ils ne parlent pas français et se disent de New York. Ils font les clowns, on dirait deux enfants maladroits qui tentent tant bien que mal de se faire comprendre. La jeune femme s’approche et relève une mèche qui tombe sur son visage. Elle devient rouge face à ces étrangers qui la dévisagent en souriant et traduit à sa mère ce qu’ils disent. Elle à honte des tâches qui recouvrent son tablier et baisse la tête pudiquement. Sa mère tente une remarque spirituelle qui les font rire et encaisse le règlement. Ils repartent et notre douce amie s’en retourne comme une fusée derrière la boutique. Elle continue son labeur, mais son âme s’échappe dans de lointaines contrés où il fait chaud. Le bel inconnu de tout à l’heure lui tend les bras et lui donne un baiser. Ils s’allongent sur le sable chaud et paressent au soleil… Un jour, elle compte partir et découvrir le monde. Elle évitera les terres arctiques et privilégieras les îles ensoleillées. La fulgurance de ses images la transporte loin. Elle se dresse un portrait d’un monde idéal où l’eau coule en cascades d’immenses montagnes. Certains vaticinent à l’arrivée de la nouvelle année, annoncent des catastrophes. Elle désire s’évader, faire ses cartons et emmener son cœur et son corps à milles lieux d’ici. Mais elle se berce d’illusion, elle n’abandonnera jamais son père malade et secondera sa mère. Leurs vulnérabilités l’attriste, si proche de la retraite et touchés de plein fouet par la maladie. Désormais il ne pourra plus exercer son métier ! Évidemment ce n’est pas si grave, certains se battent vaillamment contre le sida ou le cancer… Sa mère rentre à ce moment et elle redescend sur terre. Elle finalise sa charlotte au chocolat et ceinture les boudoirs d’un joli ruban or. Puis elle continue la crèche qu’elle a commencée. Elle travaille en pâte d’amande un calice et tout en fredonnant elle ajoute un luth en sucre au petit ange perché sur le toit de l’étable. Elle la met en évidence et les clients ne tardent pas à s’extasier de ce chef d’œuvre. Ce soir, elle préparera un repas digne de ce nom. Elle servira la traditionnelle dinde et sortira du placard la belle vaisselle que ses parents ont eu pour leur mariage. Elle se saisit d’un couteau pour dessiner de jolis motifs sur le rebord d’une tarte. La lumière se reflète dans la lame et forme une parabole sur le mur. Sa mère se moque de son esprit toujours en perdition et l’embrasse tendrement. L’américain de tout à l’heure revient et montre le journal qu’il a oublié. Il hésite et lui tends une enveloppe. Elle la prend et il tourne les talons, sans un mot, elle le regarde sortir. Sa mère impatiente lui demande d’ouvrir. Tremblante, elle lit que ce jeune homme s’est établi en France, qu’il voudrait bien la revoir et lui laisse ses coordonnées. Sa mère est ravie pour elle. Elle range soigneusement ce mot dans la poche de son tablier et s’en retourne travailler le cœur battant…

Dyane

2 commentaires:

  1. pas mal j'aime bien on a envie de savoir la suite
    doro

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  2. Je n'avais pas prévue une suite... à étudier : )

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